Agroforesterie
Agroforesterie intra-parcellaire
L’agroforesterie intra-parcellaire consiste à associer au sein d’une même parcelle des arbres avec des cultures ou des pâtures, afin d’optimiser la production globale tout en préservant les ressources naturelles.
Le plus souvent, ce sont des alignements d’arbres plantés sur une parcelle à faible densité afin de minimiser leur impact sur les cultures sous-jacentes (ombre, concurrence à l’eau) tout en offrant des bénéfices tels que l’atténuation des extrêmes climatiques, l’apport en matière organique, l’infiltration de l’eau, etc.

De nos jours, ces projets impliquent :
- Une densité comprise entre 30 et 100 arbres /ha (éligibilité à la PAC).
- Des distances d’inter-rang adaptées à la mécanisation.
- Des interventions de tailles et d’entretiens réguliers.
Aide à la mise en place
L’association accompagne les propriétaires dans la conception de leur projet et les conseille sur le choix des fournitures (plants, protection, paillage).
Cet accompagnement comprend souvent :
- Une visite conseil sur le terrain (choix des essences, implantation, itinéraire technique).
- L’aide au montage du dossier administratif.
- Des formations aux bons gestes de plantation et d’entretien.
- Un suivi technique : réception du chantier, contre-visite en année N+2. (Commande de regarnis)
Le propriétaire se charge quant à lui de la réalisation des travaux : préparation du sol, pose du paillage, plantation, mise en place de protections, entretien et taille de formation des arbres.
Financements
Habituellement, les principaux critères d’éligibilité pour obtenir des aides sont :
- D’exercer une activité agricole et de planter sur des terres agricoles, en propriété ou en fermage.
- De respecter une densité de 30 à 100 arbres/ha.
- De diversifier les essences plantées.
Installation de systèmes agroforestiers intra-parcellaires : dispositif du Conseil Régional Occitanie
Il permet d’obtenir des fonds Régionaux pour des plantations agroforestières sur la période 2023-2027.
Soutien aux investissements pour la plantation d’alignements d’arbres – Dispositif national – Pacte de la Haie (2024-2026)
Un premier appel à projet s’est déjà ouvert en 2024. Nous attendons un nouvel appel à projet pour 2025 (mais attention les conditions risquent de changer).
Autres financements
Pour les projets ne répondant pas à ces critères, d’autres solutions peuvent exister, mais elles doivent être définies au cas par cas avec l’association.
Densité, orientation des lignes, tournières
DENSITÉ
Dans les projets agroforestiers la densité de plantation préconisée dépend des objectifs spécifiques du porteur de projet (ombrage, apport de matière organique, production de bois…) et du type de culture ou de pâturage associé.
Concernant les projets associant des grandes cultures, il est préférable de partir sur des distances d’inter-rangs comprises entre 25 et 35 m et d’avoir une densité de plantation de 50 arbres/ha pour limiter l’impact de l’ombrage sur les cultures intercalaires. Cette densité peut être plus élevée pour les prairies du fait que l’herbe ne réagit pas de la même manière à la concurrence à la lumière.
Les arbres implantés sur une parcelle doivent pousser correctement tout en limitant leur impact sur les cultures environnantes. Il est essentiel de rappeler que plus le sol est profond et bien alimenté en eau, meilleures seront les conditions de croissance des arbres.
ORIENTATION
Idéalement, les alignements doivent être orientés nord-sud, pour limiter l’ombrage sur les cultures. Avec cette orientation, l’ombre sera répartie de façon homogène sur l’ensemble de la parcelle tout au long de la journée. En revanche, une orientation est-ouest amènera essentiellement une ombre portée au nord.


© Agroforesterie.ch
TOURNIERES
La largeur des engins agricoles est déterminante pour définir les espaces que doivent avoir les tournières et les inter-rangs. Ces distances doivent être bien définies pour permettre le passage et faciliter les manœuvres des machines sur la parcelle.
Essences recommandées
Les essences doivent être sélectionnées en fonction des conditions pédoclimatiques de la parcelle et des objectifs de plantation. Le mélange d’essences est toujours préconisé afin de limiter les risques que ce soit sanitaires ou économiques.
LES ESSENCES LOCALES
L’utilisation d’essences locales garantit une meilleure adaptation des plants aux conditions locales (climat, sol) tout en préservant la biodiversité du milieu. L’utilisation de plants labellisés Végétal Local ou Matériel Forestier de Reproduction (MFR) assure une traçabilité des plants.
LES ESSENCES NON AUTOCHTONES
L’usage et l’adaptation au changement climatique peuvent justifier le choix d’espèces introduites. C’est par exemple le cas d’essences d’arbres destinées à la production de bois d’œuvre : peuplier de culture, chêne rouge, noyer hybride…
Il est indispensable dans ce cas de s’assurer que l’essence choisie ne sera pas envahissante au détriment d’espèces.
Piquetage
Un piquetage est réalisé pour matérialiser le bon emplacement des plants avant la plantation. Celui-ci peut être réalisé avant ou après le travail du sol si la parcelle est mise en culture avant.
Il convient d’utiliser un cordon de la longueur du tracé souhaité, puis de positionner des piquets à intervalles réguliers en respectant les espacements définis dans le plan de plantation.

Ce positionnement peut également être réalisé au GPS si l’agriculteur possède le matériel.
Pour les plantations en rectangle, le plus simple est de commencer par piqueter une première ligne puis de réaliser les lignes perpendiculaires.

Sans équerre, le théorème de Pythagore permet de vérifier les lignes entre elles.
Théorème de Pythagore : le carré de l’hypoténuse est égal à la somme des carrés des deux autres côtés : 3×3 + 4×4 = 5×5.
Protection contre les animaux domestiques
Les plantations nécessitent une protection contre les animaux (sauvages et domestiques). Les animaux se frottent aux arbres, arrachent l’écorce du tronc ou mangent les jeunes pousses. Même plusieurs années après leur plantation, les arbres peuvent succomber à ces blessures. Il est donc important de les protéger tout au long de leur vie.
Le type et la hauteur de protection dépendent des animaux. Il est également recommandé de se tenir à 1 m de chaque côté du pied des arbres pour éviter les tassements liés aux piétinements et aux passages des machines.
Les protections peuvent être fixes ou mobiles suivant les cas.

Les différents types de protection
Protections mobiles



Protections fixes


Formation des jeunes plants
Former un HAUT JET en hiver ou en été

L’objectif est un tronc sans branches basses pour produire du bois d’œuvre ou circuler facilement au pied des arbres.
On forme d’abord l’axe en intervenant très tôt et régulièrement (1 fois par an) puis on élague les branches basses jusqu’à la hauteur souhaitée.
Essayer de couper des branches de petits diamètres (< 5 cm, max : 10 cm) et de maintenir au moins 2/3 du houppier à chaque taille.